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    Henry Bauchau est né en 1913. Poète, romancier et psychanalyste.

    Un roman avec en toile de fond, la seconde guerre mondiale et la résistance.

    Le narrateur raconte à la fois au passé et au présent deux histoires en parallèles. Celle d'un ami grimpeur,  devenu résistant, mort mystérieusement et celle de sa bru qui lutte contre la maladie.

    En arrière plan, le narrateur cherche un sens à sa vie à travers ces deux destins. La description psychologique des personnages est fouillée, prenante.

    Les descriptions des moments d'escalade sur le rocher, par le menu détail, sont tout à fait intéressantes.

    Un roman dont on ne sort pas indemne, réveillant les grandes questions sur la responsabilité de chacun dans sa propre vie. Je conseille vivement pour ceux qui aiment les romans qui font réfléchir.

     


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  • Celui là, je l'ai découvert, dans une première lecture... dire que toutes ces années j'ai pu passer à côté de ce chef-d'oeuvre.

    L'écriture est très belle, poétique.

    Mais pas que...

    Les personnages sont beaux, attachants, et surtout permettent une projection de soi dans le livre : partager leurs errances, leur humanité, leurs clairs obsurs.

    Jean, ce jeune homme issu de la bourgeoisie qui veut choisir son destin.

    Hélène, cette petit fille capricieuse, qui suit ce qu'elle ressent comme juste, en accord avec elle-même, jusqu'au bout, jusqu'à regarder la mort en face.

    Et puis les autres personnages, qui entrent dans une dialectique sur le sens de la vie, la liberté et surtout la responsabilité de leurs propres actes, y compris dans le non agir.

     

    Si ce n'est pas déjà fait, j'invite fortement à découvrir ou redécouvrir ce texte.


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  • "Lherbe du diable et la petite fumée", le best Seller de Castaneda. Toute une époque.

    Ce n'est pas celui là que j'ai lu. Simplement La force du silence et Le don de l'aigle.

    J'avoue ne pas croire un mot de ses écrits, dans leur véracité, mais ces textes ont eu le mérite de ne pas me laisser indifférente. Pourquoi ?

    Je trouve que cet auteur a une écriture possédant une grande force d'évocation symbolique.... à ne surtout pas prendre au pied de la lettre. Cette évocation symbolique ayant produit chez moi une certaine créativité. Ma période Castaneda a coïncidé avec la mise en volume de fils de fers et de perles en équilibre précaires. Puis, l'écriture de certaines poésies, notamment, "du côté de chez soi".

    Pourquoi je conseillerai de lire Castaneda ? Parce qu'il emmène vers un ailleurs onirique et symbolique dont on ne sort pas indemne, mais à mon avis, on peut en sortir grandi. Même si je trouve par ailleurs que cet homme est perché sur une autre planète que la mienne. Il a réussi à parler, à travers ses écrits, à d'autres sphères que l'intellect, et rien que pour ça, ça vaut le détour.....

     


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  • « C'est avec les beaux sentiments qu'on fait de la mauvaise littérature. Je n'ai jamais dit, ni pensé, qu'on ne faisait de la bonne littérature qu'avec les mauvais sentiments. »

     

    De même, dans le même ouvrage, Gide a affirmé :

    « Les beaux et bons sentiments produisent invariablement des romans mièvres et médiocres, mais les mauvais sentiments ne sont pas une condition suffisante de la bonne littérature. »

    André Gide, Journal

     

    J'aime beaucoup cette phrase de Gide qui est souvent tronquée. On oublie souvent de citer la deuxième partie.

    Ainsi, certains prônent une littérature où il faut perdre son âme pour bien écrire.

    Peut-être faut-il connaître son ombre et la contenir pour sortir d'une littérature manichéenne, mais y perdre son âme pour être lu ne garantira pas une bonne littérature pour autant.


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  • Un roman « coup de coeur » pour moi, écrit par une valeur sûre. Paul Auster, le plus français des romanciers américains.

     

     

    Adam, un jeune étudiant américain naïf, ayant une vocation d'écrivain, rencontre un véritable pervers qui va changer le cours de son existence jusqu'à lui faire perdre durant des années, sa capacité à écrire.

    C'est Adam au départ qui raconte son histoire à la première personne. L'auteur se plaçant dans un style d'écriture autobiographique.

    Ensuite, l'auteur explore d'autres procédés d'écriture et fait écrire Adam à la deuxième, puis à la troisième personne. Ensuite, il fait écrire sur Adam par un de ses amis écrivain. À a fin, ce sont d'autres personnages qui ont connus Adam qui prennent vie à travers l'ami écrivain.

    Adam écrit ce manuscrit dans la perspective de sa propre mort, dans l'idée de rendre justice et rétablir une vérité qu'il juge très importante pour lui et ses proches. Il confie ce manuscrit à un de ses amis afin que celui ci fasse le choix ou non de publier.

    Derrière cette intrigue se pose la question de la réalité ou non de ce qui est écrit et publié.

    Cette question posée n'a finalement pas grande importance pour le lecteur inconnu. Mais derrière se pose la question éthique de l'écriture.

    Si les faits sont vrais, qu'en est-il de l'entourage de l'écrivain qui risque d'être mis en cause dans l'histoire ? Comment faire en sorte de ne pas trahir ce qu'a envie de dire l'auteur tout en préservant ses proches ? Doit-on changer les faits ou simplement le non des personnages ? Quelle est la part fantasmatique et la part réelle dans la narration des faits ? Et enfin, quelle cause sert-on en écrivant ?

    Toutes ces questions, et d'autres encore, sont abordées dans ce livre d'une grande richesse et dans le style de Paul Auster que j'aime tant : beaucoup de dialogue, l'incarnation de thèmes universels et engagés dans un décor et dans une époque décrits avec une précision d'horloger, et une grande humanité. À servir au calme, dans le silence, pour se laisser immerger dans un univers envoûtant.


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